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 WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.

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MessageSujet: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Sam 4 Fév - 19:47


© tumblr;
« Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. »

Et c'est un mal de tête fulgurant qui me happe, qui vient m'entraîner dans un tourbillon sans fond, c'est avec rage, avec force que j'ai envie de me taper le crâne contre le comptoir du bar, pour anéantir cette daouleur foudroyante ; douleur douceâtre pourtant. Elle me permet de m'évader ma doucereuse douleur, elle m'ôte l'image récalcitrante de l'ignoble Earl, et c'est un précipice qui s'étend devant mes pieds, devant mon âme fragile qui n'attend qu'un ordre de sa part pour se jeter dans le vide, pour mettre un terme à ce mal-être incessant. Alors, au lieu de m'élancer comme une cruche vers un inconnu vaseux, je fais signe au serveur boutonneux de me resservir un verre, je plonge mon regard dans le sien pour lui prouver que j'suis pas tarée, j'suis pas encore assez atteinte pour m'écrouler comme une merde au beau milieu de ce bar miteux. Alors je bois, je picole comme une folle, je m'enivre d'un plaisir éphémère qui ne parvient pas à effacer les traits doux de ce connard d'Earl. Furieuse passion.

Alors, quand un type effleure à peine mon avant-bras dénudé, je tressaille, c'est une chair de poule féroce qui mange ma peau pâle, et mon esprit dérangé dérive, défaille, je m'imagine en poulet, avec une crête sur la tête, mon corps se recouvre de plumes, mais je n'ai pas la grâce du cygne noir de Black Swan, j'ai bien autant de classe qu'un canard. Je décolle vivement mon bras de cet autre bras, trop chaud par rapport à ma peau glacée, avant de me raviser ; je me rapproche ostensiblement de l'inconnu en lui foutant un coup de coude dans les côtes. Je le regarde l'abruti, je détaille son visage aussi méticuleusement que mon esprit alcoolisé me le permet, et ce sont de minuscules ridules au coin des yeux qui retiennent mon attention de gamine. « Putain j'ai touché le jackpot ! » Et je pars dans un rire monstrueux, avec la sensation que je fais décalée dans le décor, je ne suis même pas la cerise sur le gâteau, je suis la crème pâtissière tout en dessous, qui fout le camp quand tu commences à engloutir le dessert, j'suis la cinquième roue du carrosse, l'indésirable, l'indésirée. « J'vais me faire draguer par un vieux pervers en manque d'affection dans un bar miteux. Gé-nial. » Voix rauque, provocante, que je voudrais sensuelle mais qui est en réalité pathétique.


Dernière édition par Alix Deshayes le Ven 10 Fév - 20:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Sam 4 Fév - 20:04


©tumblr

« La guerre n’est pas une aventure. La guerre est une maladie. Comme le typhus. »
Les effluves de mon verre d’alcool me montent à la tête qui commence doucement à tourner, m’emmenant bien loin des horreurs qui se rappellent à moi encore et encore. Voilà à quoi j’en suis réduit, me soûler jusqu’en oublier le moindre de mes actes, jusqu’en oublier mon nom tâché de sang de nombreux inconnus, dans un bar miteux qui offre un peu de bonheur à quelques idiots. La plupart des hommes ici présents semblent bien fatigués, sans doute ne veulent-ils que retarder l’heure à laquelle ils rentreront se coucher auprès de leur femme. Et qui sera là pour m’attendre, moi ? Personne. Jer’ dormira depuis longtemps, j’irai m’allonger et ne réussirai pas à trouver le sommeil une fois de plus. Pourtant, je suis fatigué, tellement fatigué. J’ai l’impression d’avoir vécu ma vie, et de l’avoir terminée. Je ne trouve plus d’attrait dans les choses simples, je suis las, rien n’a d’importance. Le barman me ressert, pour qui doit-il me prendre ? Un alcoolo pathétique, peut-être sans domicile, complètement déconnecté de la réalité ? Un mari, un père que les enfants insupportent ?

A côté de moi, une jeune femme à qui je ne prête guère d’attention. Mais à en juger par l’odeur qui imprègne l’atmosphère, j’en déduis que je ne suis pas le seul à avoir besoin de m’évader ce soir. A son âge, c’est bien triste d’en arriver à de telles extrémités. Qu’importe, je retourne à la contemplation des diverses bouteilles qui décorent le mur d’en face. Whisky, vodka, gin, tout ce qu’il faut pour passer une soirée loin des préoccupations du quotidien. En portant mon verre à mes lèvres, j’effleure malencontreusement le bras de l’inconnue, sans imaginer qu’elle m’en tiendrait rigueur. Aussi, lorsqu’elle m’envoie un coup de coude dans les côtes, je sursaute. « Putain j'ai touché le jackpot ! » Elle se met à rire, à rire très fort. Cette fille se comporte étrangement, au-delà du trop plein de grammes dans ses veines. « J'vais me faire draguer par un vieux pervers en manque d'affection dans un bar miteux. Gé-nial. » Elle me décroche un sourire, la gamine désabusée. Je ne quitte plus mon verre des yeux, il n’aurait pas fallu que je la regarde, des fois qu’elle m’accuse de harcèlement sexuel. « Si ça peut te rassurer le vieux pervers a bien autre chose à foutre que de draguer une gamine dans ton genre. Mais j’suis sûr qu’y en a qui seraient intéressés, tu devrais chercher dans le fond de la salle. »
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Sam 4 Fév - 20:26

« You'll take a ride through the strangers ; who don't understand how to feel. » IGGY POP.

Tu vois la fille là-bas, accoudée au comptoir pourri d'un bar ? Tu la vois avec ses cheveux emmêlés qui lui mangent une bonne partie du visage, avec ses mains trop osseuses qui tremblent, sa grosse voix qu'elle croit invincible, elle se croit protégée la pauvre, elle sait que gueuler, vomir sa repartie acide qui défrisent les puceaux, les pétasses et les coincés. Regarde encore un peu plus près, tu verras qu'elle se barricade dans une bulle, elle se protège du véritable monde parce qu'elle ne veut pas tomber, elle a une peur bleue de l'inconnu, d'un vide béant qui la tuerait, elle serait rongée par les remords cette conne, alors, tu écartes un peu ses cheveux blond cendré pour découvrir que c'est une gamine qui se tapit au fond d'elle, c'est une enfant qui a peur d'affronter ses propres démons.

« Si ça peut te rassurer le vieux pervers a bien autre chose à foutre que de draguer une gamine dans ton genre. Mais j’suis sûr qu’y en a qui seraient intéressés, tu devrais chercher dans le fond de la salle. » Pauv' con. T'étais censé être flatté, t'aurais dû me balancer un sourire charmeur à la gueule, et je t'aurais envoyé paître, ça aurait apaisé mon âme écorchée vive, tu sais. A la place, c'est à un mur de béton que je me heurte, c'est une réplique cinglante venant d'un vioque que j'essuie péniblement, ça fait un peu mal de se faire rembarrer par mec-aux-ridules, juste un peu alors. Un tout petit peu. Alors, pour faire bonne figure, pour faire perdurer mon image de sale gamine effrontée auquel mon bel inconnu semble totalement hermétique, je me retourne aussi gracieusement que possible, mais c'est sans compté l'alcool qui continue vaillamment son chemin dans mes veines. J'manque de tomber de mon tabouret, et comme une idiote je me raccroche involontairement à son bras chaud. Et comme une idiote, je suis au bord des larmes comme une fillette de cinq devant son jouet cassé. Comme une idiote, je suis incapable d'affronter son regard que j'imagine dédaigneux. Je jette un vague coup d’œil aux jeunes qui se trouvent au fond de la salle, mais ils n'ont pas ce truc, ce charme, cette aura que je repère à trois mille, un peu comme l'odeur de graillon qui me poursuit inlassablement. Ils ont l'air fin les jeunots à me reluquer comme si j'suis une friandise, un bonbon acidulé, comme si à force de me déshabiller du regard, je vais me transformer en fraise Tagada qu'ils pourront goûter, savourer, croquer. Les naïfs.

Je ne me retournerai pas, je ne te ferai pas ce plaisir, je ne reconnaîtrai pas ma piteuse défaite. Alors, je reste là, à fixer des abrutis dans l'obscurité, parce qu'étouffée par ma fierté. Mon bras est encore tremblant de ce deuxième effleurement absolument irréfléchi, et je ne comprends pas pourquoi un mec proche de l'incontinence me fait un effet pareil, mettons ça sur le compte de l'alcool. « Si t'as d'la chance, y'en aura bien un qui voudra de toi. » Ma phrase sans saveur s'écrase sur le sol silencieusement, elle a un effet tout raplapla comparé son impudente réponse, ils sont tout chamallow mes mots. « Avec une coiffure pareille, des manières pareilles, me dis pas que t'es pas gay, j'en croirais pas un mot. » Mots dénués de sens qui déferlent, qui franchissent mes lèvres sans que j'en aie parfaitement conscience, j'parle pour combler le vide, j'parle pour sauver les apparences, me transporter dans un monde illusoire, dans ce monde où je suis cette fille assurée, qui ne vit pas perpétuellement avec cet emp.. cet emphys.. Ce truc qui me pourrit la vie. « Allez va, je t'en laisserai un, si t'es pas contre le gel. » que je dis en montrant vaguement un type avec des pics affreusement mal faits, réalisés avec une main non-experte. Alors, j'ai envie de me réfugier dans mon rire grotesque, de rire à l'infini pour oublier ce type à ma droite, dont l'attitude, le regard, respirent l'hétérosexualité.
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Sam 4 Fév - 20:29

Il y a bien longtemps que j’ai arrêté de m’intéresser aux gens, aux inconnus que l’on croise au détour d’une rue, dans le couloir d’un bus ou dans une galerie d’un grand centre commercial. Pourtant, nombre d’entre eux ont une histoire à raconter, des secrets, des amours cachés, des remords, des regrets. J’ai l’impression d’être seul depuis mon retour, malgré que certains s’en réjouissent. Comme si mon regard ne s’attardait plus sur quoique ce soit, comme si mon reflet dans le miroir était étranger, comme si tout ce qui était supposé attirer mon attention était devenu fade et sans goût. Probablement que plusieurs années auparavant je me serais penché sur le cas incongru de cette petite blonde, imbibée d’alcool pour oublier son monde à elle qui n’est peut-être pas si différent du mien. Et sûrement que je me serais demandé la raison qui la pousse à boire jusqu’à en oublier son prénom, pour finir par crever dans le caniveau. Et j’aurai à coup sûr remarqué cette lueur effrayante qui ternit son regard déjà bien sombre.

Mais je me contente de mon verre, seul réconfort un peu pathétique depuis que je suis revenu. Qui m’en tiendrait rigueur, dans cette ville où personne ne fait attention à personne ? Je devrais peut-être déménager, partir loin, ailleurs, n’importe où. Ça ne changerait plus grand-chose, mon existence vide ne se remplirait pas avec des cartons et des valises. La gamine semble vexée de ma réponse qui ne lui convient pas, elle aurait préféré que je fasse comme si je voulais tout connaître d’elle pour finalement la ramener dans mon pieu, la sauter et elle aurait pu se tirer de chez moi en douce, victorieuse, son égo regonflé grâce à moi. Je suis le vieux pervers qu’elle aurait aimé rembarrer, désolé ma belle, tu n’auras pas cette joie ce soir mais il y en a bien d’autres dans ce rade pourri. Ces gars qui te dévorent des yeux, qui réfléchissent à la façon dont ils te baiseront comme une chienne que tu es à leurs yeux. C’est dommage d’en arriver là à un si jeune âge, mais qui suis-je pour juger de sa maturité ? Elle a trop bu, cette jolie blonde et ne tient plus sur son tabouret. Elle se rattrape à mon bras, et je tourne inévitablement la tête vers elle, c’est là seulement que je m’attarde sur elle toute entière. Elle est belle la petite poupée de chiffon qui s’accroche à moi comme à une bouée de sauvetage. Je ne serais pas ta bouée tu sais, j’arrive déjà pas à me sauver moi-même… On peut couler ensemble si tu veux, c’est souvent vachement plus sympa à deux. « Si t'as d'la chance, y'en aura bien un qui voudra de toi. » Elle ne me regarde même plus, l’aurais-je blessée dans son orgueil ? Inutile de te donner tout ce mal blondie, il en faut beaucoup pour me vexer. « Avec une coiffure pareille, des manières pareilles, me dis pas que t'es pas gay, j'en croirai pas un mot. » Ah, quelle bassesse de ta part. Je préfère mettre ça sur le compte de l’alcool. Je suis persuadé que tu es capable de bien mieux, allez, attaque. « Allez va, je t'en laisserai un, si t'es pas contre le gel. » Le gars qu’elle me désigne la bouffe du regard, ça me fait gentiment sourire. Tu finiras sûrement la soirée dans ses bras, pas vrai ?

Elle se croit drôle, elle se croit la reine du monde du haut de son tabouret sur lequel elle chavire dangereusement. Tombe, ça te ramènera à la réalité, un réveil dur mais nécessaire, vu ton état. J’avale la fin de mon verre dans une grimace et me tourne entièrement vers elle qui observe la salle avec un intérêt particulier. « Barman ! Un verre d’eau pour mademoiselle, elle n’est pas au meilleur de sa forme. » Je n’ai pas envie de m’occuper d’elle, j’ai envie de me bourrer la gueule et de finir mal, mais ce serait renier ma véritable nature, cette habitude de protéger les autres, les inconnus, les salopards. « T’as vraiment décidé de finir ta soirée comme ça ? Avec 4 grammes dans chaque bras, dans l’pieu d’un gars qui fait deux fois ton âge qui se vantera à ses potes d’avoir sauté une gamine dans ton genre ? »
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Dim 5 Fév - 11:37

« Et il y a une centaine d'aiguilles qui viennent se planter dans mon âme. »

Tu crois qu'ils nous voient comment les types au fond de la salle, là-bas, qui me jugent, me jaugent, comme une génisse dans un comice, qu'ils noteraient, et ils me regardent sous toutes les coutures mais au lieu d'être partiellement gênée, c'est une sensation chaude qui s'insinue en moi comme de la lave brûlante, ça réchauffe mon être froid qui se languit d'être contemplé, admiré, pour se persuader de valoir mieux que deux sous. Alors je fais ma pétasse, je me dandine devant l'autre pour qu'il me matte comme ces gars derrière nous, je veux sentir son regard qui brûle de désir pour cette fille morte que je suis, j'veux pas paraître frigide, j'veux qu'il ait envie de moi ce con. Mais c'est une prise de conscience acide que je vais me prendre en pleine gueule, je vais pas jouer les filles de joie juste pour ses beaux yeux passionnés, je vais pas me mettre à danser la Macarena en string sur le comptoir du bar juste pour qu'il me fasse des avances, putain, j'vais pas m'abaisser à ça, j'ai une dignité à converser, aussi faiblarde soit-elle.

Et quand je me raccroche péniblement à lui parce que je tangue de trop sur ce tabouret instable, je le vois ce petit rictus victorieux poindre sur son visage, même s'il tente de le retenir, je l'aperçois ce petit sourire qui me fait l'effet d'un coup de poing. J'ai envie qu'il me prenne au sérieux, que cette étiquette de sale gamine qu'il m'a collée sur le dos dès nos premières paroles disparaisse, je vais l'arracher, gratter ma peau jusqu'à ce qu'elle soit ôtée, j'aurai les doigts en sang, les ongles arrachés mais j'arriverai à mes fins parce que me fixer des buts, c'est le seul truc qui me permet de pas sombrer sans ce salaud de Earl.

« Barman ! Un verre d’eau pour mademoiselle, elle n’est pas au meilleur de sa forme. » « Pauv' con, tu sais pas que l'eau quand t'es bourré c'est ce qu'il y a de pire ? » Je grince des dents et l'insulte est sortie trop vite, sans que j'aie eu le temps de la retenir. Alix, elle a déjà plus de crédibilité. Crédibilité, crédibilité. Ce mot infâme qui trotte dans ma tête comme le feraient les deux aiguilles d'une horloge, impitoyables, annonçant ma sentence. Tu crois vraiment que ces types qui nous épient à l'autre bout de la pièce, seraient prêts à me baiser ? A voler les derniers fragments de mon innocence ? Tu penses qu'ils seraient pas répugnés par mon air torturé de princesse blondasse, fadasse, à deux balles ? Et quand je leur dirai que je vends des donuts, que je pue le gras toute la journée, que je me fais trois shampoings chaque soir pour enlever cette saleté d'odeur qui me poursuit inlassablement, que je misère pour pas me noyer dans ce monde de fous, que je suis la poupée brisée qui revêtit son masque de clown triste, le jour, pour faire sourire les clients ? Tu crois qu'ils me proposeront encore leurs bras ?

Alors je me mets à espérer comme une conne, que t'es peut-être mon prince charmant. Un prince un peu plus vieux que moi mais qui pourrait me protéger, qui chasserait mes cauchemars, mes peurs à grands coups de je t'aime, qui m'enverrait des baisers au loin, qui me laisserait des petits mots sur le frigo, et des cœurs faits à la va-vite avant de partir au boulot. Pauvre cruche. Je ricane pour cacher ma gêne, pour dissimuler ces songes interdits qui pervertissent mon âme, je lui fous mes dents blanches sous les yeux pour qu'il voit que j'suis pas impressionnée, j'suis pas impressionnable.

« T’as vraiment décidé de finir ta soirée comme ça ? Avec 4 grammes dans chaque bras, dans l’pieu d’un gars qui fait deux fois ton âge qui se vantera à ses potes d’avoir sauté une gamine dans ton genre ? » Et je lui colle un sourire aguicheur sous le nez, tu finiras bien par succomber petit vicieux. « Attends que j'comprenne bien. » Alors je plisse les yeux, hausse les sourcils et lève un doigt chancelant en l'air, comme pour saisir la subtilité d'un raisonnement pointu. « C'est toi le gars qui fait deux fois mon âge ? T'as prévu de me ramener chez toi ? C'est ça le plan ? » J'pars dans un rire gars qui tranche avec ma blondeur féminine, ma douceur, ma délicatesse qui répondent un peu aux abonnés absents ces temps-ci. Lueur folle au bout du tunnel. Je t'aurai, vilain. « Parce que juste comme ça, si tu parlais de ces gars, là-bas. » que je dis. « C'est juste des ados pré-pubères qui font une surconsommation de mouchoirs en papier devant leur PC. Nan ? » Ces mêmes ados pré-pubères qui ont mon âge, et qui ne veulent pas détourner leur regard où danse une flamme un peu nouvelle. Un peu malsaine.
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Dim 5 Fév - 14:02

T’as l’air d’avoir une vie bien triste, mais qu’est-ce qui a bien pu t’arriver pour que tu finisses ici à savourer ta déchéance doucement, en noyant ton regard défoncé dans un verre de plus comme si c’était là tout ce qui t’importait maintenant ? Tes parents sont morts ? T’as appris qu’t’étais adoptée ? Ton mec t’a larguée après t’avoir engrossée ? Je suis pas convaincu par cette dernière hypothèse, on ne peut pas dire que t’aies l’air vraiment enceinte. C’est dommage, elle est plutôt mignonne la blondie, même si ses yeux crient et que son cœur saigne, même si ses mains tremblent et qu’elle ne tient plus sur ses jambes. Elle aurait certainement pu avoir une belle histoire, avec un prince charmant à la fin, tout au moins un mec qui l’aurait respectée, aimée peut-être, fait des gosses et qui aurait un boulot correct pour l’entretenir jusqu’à la fin de ses jours. Elle aurait pu avoir tout ça à n’en pas douter, elle a préféré se plonger dans cette mélancolie qui lui va si bien au teint. Peut-être ne la trouverai-je pas si charmante si elle rayonnait de bonheur à m’en éblouir, je crois que je suis bien trop attaché aux causes perdues. Parce que oui, elle est une cause perdue, une petite fille un peu perdue dans un monde qu’elle ne comprend pas et qui ne veut plus d’elle, c’est là l’image que je me fais d’elle et ses paroles acides me confortent dans cette première impression. En colère contre le monde entier, j’ai connu ça et sûrement que c’est encore mon cas, c’est certainement pour cette raison que je ne peux plus me décrocher d’elle, elle est intéressante, elle a des choses à raconter, c’est bien ce qui me plaît.

Elle n’est même pas capable de tenir sur un tabouret de bar, la pauvre, la pathétique, la gamine alcoolisée. Bien sûr que ça me fait rire, j’imagine que sa situation n’est pas des plus drôle mais son allure toute entière est un spectacle dont je ne me lasse pas, elle est captivante cette petite, fascinante. C’est ça. La fascination. Cette curiosité un peu maladive qui me pousse à ne pas la laisser crever dans ce rade pourri. « Pauv' con, tu sais pas que l'eau quand t'es bourré c'est ce qu'il y a de pire ? » Je rigole même, elle m’amuse finalement. « Et quoi ? Ca va te faire cracher tes tripes, c’est pas plus mal vu dans l’état où t’es. Pis ça t’évitera un bon mal de tête. » Elle croit tout savoir sur le monde, mais elle ne l’a même pas vu, elle ne le connaît pas, elle ne connaît rien. Je ne pense pas avoir tout vécu, mais à mon âge, il est évident que j’ai un peu plus d’expérience en la matière, alors les gueules de bois, j’en ai goûté quelques-unes. Sur le front on n’avait pas vraiment le droit de boire mais on s’arrangeait toujours pour faire passer quelques bouteilles, souvent on les descendait après un assaut trop difficile, un décès dur à encaisser. A y réfléchir, y avait quand même eu de bons moments. Et je suis presque sûr qu’elle aussi vivait des bons moments, mais trop enfermée dans sa petite bulle d’alcoolique, peu de chance qu’elle s’en rende réellement compte. A-t-elle une famille ? Un petit-ami qu’elle aurait abandonné pour aller se bourrer la gueule ? « Attends que j'comprenne bien. » Elle s’arrête un instant, me jauge, lève le doigt comme pour se donner une certaine contenance mais elle ne fait pas illusion. « C'est toi le gars qui fait deux fois mon âge ? T'as prévu de me ramener chez toi ? C'est ça le plan ? » Elle est intelligente en plus, même si elle n’a pas compris grand-chose. En même temps, elle n’est pas franchement en état de comprendre quoique ce soit, elle a l’air de faire un peu n’importe quoi et de dire les premiers trucs qui lui passent par la tête. Un peu comme moi, finalement. « Parce que juste comme ça, si tu parlais de ces gars, là-bas. C'est juste des ados pré-pubères qui font une surconsommation de mouchoirs en papier devant leur PC. Nan ? » Je tourne la tête pour observer ces ados pré-pubères, qui la regardent d’une façon qui ne me plaît guère, pour autant je ne réagis pas, si je commence à laisser ma colère parler pour moi je risque trop de devenir vraiment mauvais. Effet indésirable de la guerre je suppose. « Je parlais de moi, en fait. Enfin non. Je parlais de c’que toi tu veux. Parce que c’est bien ça que tu cherches, pas vrai ? Tu voudrais que j’te ramène chez moi, que j’te fasse sentir bien cette nuit et ensuite tu te casserais pour te prouver que t’as besoin d’personne pour exister. » dis-je d’une traite, d’une voix calme, comme si je parlais du beau temps. Je ne la connais pas, mais je n’ai pas l’impression d’me tromper de beaucoup, cette petite blonde ne sait pas ce qu’elle fait, et elle me fait pitié. Mais je l’aime bien, mine de rien.

Je redemande un verre au barman, qu’il me sert presque immédiatement parce que son bar est vide et qu’on est les seuls clients au comptoir. Je n’sais pas si c’est la fatigue, mais j’ai la vague sensation de ne plus tenir l’alcool si bien que j’le pensais, ma tête tourne un peu. Définitivement pas autant que celle de l’inconnue, cela dit.
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Dim 5 Fév - 20:35

« Et ces aiguilles, je passerai mille ans à les ôter une à une. »

Alors il me fixe de son regard bleu perçant, il sonde mon âme à la recherche de trouvailles qui le feraient délirer, mauvaise pioche mon beau, désolée d'être aussi intéressante qu'un rouleau de papier cul, pardonne-moi d'être si fade, si terne, à l'image de mon jean délavé, un peu trop grand pour mes fesses inexistantes. Tu crois qu'ils pensent quoi les mecs là-bas ? Que t'es le grand frère attentionné qui s'inquiète pour sa cadette complètement fracas à ses côtés, que t'essaies de me raisonner comme un fou pour me faire lâcher ce verre infâme qui cause ma perte jour après jour, que t'es la voix de la sagesse qui se bat pour une belle cause perdue ? P'têtre bien et ça m'ferait bien rire.

Avec mon pull en laine écrue, forcément, je dois paraître bien fadasse comparée à ces autres femmes fatales que tu dois côtoyer à longueur de journée, avec un regard pareil tu peux t'en taper des nanas ! Alors pourquoi voudrais-tu que ce soit moi qui passe ses mains froides sur ta peau, qui couvre ton ventre de timides baisers ? Pourquoi voudrais-tu que ce soit une pauvre gamine insignifiante qui te procure ce plaisir interdit ? On peut toujours se faire un concours de cul-sec, ça raviverait cette flamme qui s'est faite la malle sans même me concerter avant, ça embraserait le brasier mort qui se tapit à l'intérieur, là, juste là, dans ma poitrine qui héberge un vide béant. Je te veux. Et ça crame mes volontés encore toutes fraîches de fuir la gent masculine, de me barrer devant leur déclaration d'amour futile, j'ai jamais eu de chance dans les loteries t'façon, j'attire que les cons, prouve-moi que t'es différent, que t'es pas comme ces abrutis qui ont nourri mon âme d'espoirs risibles. Rassure-moi.

« Et quoi ? Ca va te faire cracher tes tripes, c’est pas plus mal vu dans l’état où t’es. Pis ça t’évitera un bon mal de tête. » Alors, je me contente de le regarder dans les yeux, de contempler ses petites ridules juste au coin, là, ses petites pattes d'oie qui m'attendrissent plus qu'il ne le faudrait, et il a cet regard franc, cet air sûr de lui qui m'inspirent une confiance inhabituelle, confiance ordinairement bannie de mon langage. Pourtant, ce type fait voler en éclats mes bonnes résolutions. Je ne réponds rien, je garde obstinément mon regard ancré dans le sien jusqu'à ce que la tension soit insupportable et que je me sente obligée de détourner les yeux. Échec et mat, j'ai juste horreur de perdre ces défis à la con qui ont cette divine saveur de l'enfance oubliée. Alors, je me balance de droite à gauche sur mon tabouret parce que mon esprit embrumé me permet pas de comprendre qu'immobile, j'aurais une meilleure perception du monde qui m'entoure, parce que l'alcool me monte à la tête et que les bras de l'autre m'attirent irrévocablement. Je voudrais juste sentir une chaleur humaine, juste un câlin dénué d'arrières pensées, dénué de lubricité, je voudrais juste poser ma tête contre ton épaule pour m'assurer que tout ira bien, que je n'suis plus seule pour affronter mes vieux démons. A deux, on y arrivera peut-être mieux ?

« Je parlais de moi, en fait. Enfin non. Je parlais de c’que toi tu veux. Parce que c’est bien ça que tu cherches, pas vrai ? Tu voudrais que j’te ramène chez moi, que j’te fasse sentir bien cette nuit et ensuite tu te casserais pour te prouver que t’as besoin d’personne pour exister. » « T'es vraiment trop nul. » que je marmonne comme une gamine de dix ans. Et comme une gamine, je suis au bord des larmes parce que t'as tristement raison, je fais partie de ces déchets de la société, prêts à tout pour recevoir un peu d'amour sale, je fais partie de ces estropiés du cœur. Il commande un autre verre, peut-être pour me narguer, peut-être pour m'accompagner dans ma sordide descente aux enfers, mais son geste est dépourvu de chaleur, sa voix est froide, lasse, basse, et je suis la pauvre conne qui l'emmerde. Il a juste envie de boire son Whisky et de retrouver son lit douillet, chaud, sans une blondasse soûle sur son dos.

« Et ça te paraît vraiment fou que j'aie envie de rester un peu avec toi ? » Le regard humide, la voix éraillée, cassée, à force d'avoir braillé, à force de m'être apitoyée sur mon destin funeste, j'ai envie de le toucher, j'ai envie de voir une larme briller au coin de sa paupière, qu'il compatisse juste un instant. Et paradoxalement, j'ai envie de l'envoyer valser, lui et son arrogance, lui et ses airs de j'ai tout fait, j'ai tout vu. Sentiments contraires qui se mêlent en moi, mélange pas tout à fait conseillé par les médecins, saveur âpre qui se répand dans mon être. Être Alix Deshayes, c'est juste accepter la complexité dans toute sa splendeur. « Tu m'as même pas dit ton prénom. T'as une tête.. une tête de John. Ou de Matt ! Matt, j'ai trouvé ! » Et je m'esclaffe. Du rire aux larmes, je passe sans aucune difficulté parce qu'oublier est devenu ma principale activité, alors je plonge mon regard dans son regard océan, m'y perds une seconde le temps de recouvrir ma contenance faiblarde et mes lèvres s'étirent lentement en un sourire. « Putain pis merde à la fin, t'aimes pas ma tête ? T'aimes pas mes yeux ? Mes cheveux ? » que je demande en triturant une mèche blonde venue m'obstruer la vue. Je suis comme une cinglée devant lui, une cinglée un peu bourrée.
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Dim 5 Fév - 23:20

J’ai l’impression d’être tellement vieux. Cette gosse me fait l’effet d’une bombe, parce qu’elle n’a sûrement que quelques années de moins que moi, dix au plus, et je me sens lui parler comme si j’étais son paternel à lui apprendre la vie qu’elle doit déjà connaître un peu pour être dans un tel état. Je n’ai que trente-trois ans bordel, mais d’ici peu je sentirais l’effet de la vieillesse sur mon corps, j’deviendrai sénile, j’aurai p’tet même la maladie d’Alzheimer. Je ne suis pas sûr que ce soit une si mauvaise chose pour autant. Effacer ces bribes de souvenirs qui me reviennent en masse et qui m’empêchent de dormir, qui me pourrissent la vie et qui ne semblent pas vouloir me laisser de répit. Je déteste cette foutue sensation d’avoir vieilli trop vite et c’est pourtant tout ce que je lis dans ses grands yeux. J’ai envie de me noyer dans mon verre, de laisser mes poumons se remplir de ce délicieux alcool pour faire tourner ma tête au point que je ne reconnaisse plus le monde dans lequel je m’efforce de vivre, parce qu’on ne me laisse pas le choix, parce que je n’ai jamais pris une balle en Irak alors que j’aurais préféré crever là-bas avec mes hommes. Pourquoi elle et pas moi ? Le lieutenant Hudson était une femme intelligente, qui avait une famille, un fils de quatre mois, un mari qui l’aimait et qui aujourd’hui la pleure encore. Moi aussi, je la pleure silencieusement dans les bars chaque soir, elle représente tous mes amis tombés au combat, et tous ces soldats que j’ai moi-même achevés, qui eux aussi avaient familles et enfants. Blondie aurait pu être l’un d’entre eux. Enfin non. Elle n’a définitivement pas la carrure pour ça, mais sur le principe, ça aurait vraiment pu arriver.

Mais j’l’ai pas tuée, elle est là à tanguer sur son tabouret en me jaugeant du regard, pensant que je ne la remarque pas. Les gens ivres ne se rendent jamais compte de leur manque de discrétion. Elle est belle cette petite, elle est si belle. Elle est l’enfance brisée, l’innocence volée, le sourire effacé, c’est ce qui la rend jolie, toute cette tristesse lui va si bien. Elle porte le ciel sur ses frêles épaules, elle ne devrait pas avoir à supporter ça à son âge. J’devrai comprendre qu’elle a juste besoin de bras pour la retenir de tomber, mais tout ce que je vois ce soir c’est son envie de s’envoyer en l’air avec un mec plus vieux qu’elle, parce que ça la fait rire, parce qu’elle en a besoin et l’alcool aidant, elle espère ne pas se souvenir de la soirée qu’elle regretterait amèrement le lendemain. Ses yeux humides m’interpellent, je ne comprends pas, que me veut cette fille ? Elle paraît désorientée, désarçonnée, et soudain j’éprouve moi aussi cette envie de la protéger, d’être le grand frère qui n’est pas là dans ce bar pour casser la gueule à tous ces connards qui lui bavent dessus. C’est bien trop me demander cependant, je ne suis plus capable de prendre soin de qui que ce soit, suffit pour ça de regarder l’épave que je suis devenue. Compte pas sur moi ma jolie, t’es pas tombée sur le bon, franchement non, passe ton chemin.

« T'es vraiment trop nul. » Sa réaction enfantine me fait rire, et je termine mon verre d’un cul sec en en redemandant encore un, cette fille m’incite dangereusement à l’alcool et je ne tiendrai pas la soirée à ce rythme. Elle est un poison qui s’insinue doucement sans que l’on s’en rende compte, mais c’est un poison des plus agréables finalement, puisque j’y reviens. « Et ça te paraît vraiment fou que j'aie envie de rester un peu avec toi ? » Je lève les yeux vers elle, surpris, elle est donc sérieuse ? Elle croit vraiment que rester avec moi, passer la soirée l’un et l’autre, lui apportera un quelconque réconfort ? Si elle savait la pauvre, si elle savait. « Tu veux rester avec moi ? Pourquoi faire ? » Et c’est une question des plus sérieuses ! Si au moins je comprenais sa requête. J’en ai envie, tellement envie. De la serrer dans mes bras jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus respirer, de toute façon, je suis presque persuadé que ça ne la dérangerait pas, de mourir comme ça ! Allez viens ma belle, finissons nos verres et allons cuver ensemble, c’est sûrement ce qu’on fera de mieux ce soir. Ma tête tourne, elle cogne, et je descends les verres un à un. Ca me plaît, ça apaise les cris de ces innocents et de ces salopards que j’ai croisés, une arme au poing. « Tu m'as même pas dit ton prénom. T'as une tête.. une tête de John. Ou de Matt ! Matt, j'ai trouvé ! » « Si ça te plaît comme prénom, alors on a qu’à dire que c’est le mien. » dis-je sobrement, je me fiche bien de comment elle m’appelle en fait. Et je me fiche aussi de son prénom à elle, ça ne changera rien à nous, à cette douce folie qui nous entraîne ce soir alors que je m’étais promis de rentrer tôt pour aller dormir, rattraper ces heures de sommeil qui me fuient depuis mon retour. Elle rit la belle, elle n’arrête pas de s’esclaffer et son rire sonne comme une jolie mélodie que j’aime à entendre encore et encore. « Putain pis merde à la fin, t'aimes pas ma tête ? T'aimes pas mes yeux ? Mes cheveux ? » C’est à mon tour de m’amuser, elle est belle, intelligente, mais elle dit bien trop de conneries finalement, c’est dommage. Je plonge mes iris dans les siens, hé toi, regarde-moi bien et écoute ce que je vais te dire, c’est important pour la suite. J’attrape la mèche qu’elle se triturait avant et la remet derrière son oreille. « Rien. Y a rien qu’j’aime pas. T’es magnifique, d’accord ? T’es pas bonne, ou sexy, ou chaude, t’es belle. Ca suffit largement. »
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Mer 8 Fév - 20:52

« Alors, je me marre. »

Tu sais, ça me brûle le nez, ça me pique les narines, les effluves rances de ma lâcheté retournent mon p'tit estomac fragile, j'suis comme une conne à me dandiner sous tes yeux, à vouloir te montrer mes fesses alors que y'a cette connerie qui me tue à petit feu, je suis condamnée, tu peux rien me refuser ? Ça changerait quelque chose si je te disais que mon corps se meurt lentement, que mes cheveux vont perdre de leur couleur, de leur douceur, que ma peau va se ternir, que je vais devenir aussi dérisoire que ces aiguilles qui se plantent dans ma poitrine vide, qui martèlent mon âme à coups de petites piques bien senties. T'as vraiment rien le droit de me refuser.

Tu voudrais même plus me proposer ta fausse courtoisie, tu m'enverrais salement paître sans te préoccuper de mon cœur piétiné, de mon âme dissociée, je deviendrais aussi insignifiante que toutes ces filles qui doivent laisser leur regard de brebis galeuse traîner sur ta silhouette trop parfaite, je perdrais de ma splendeur un peu fade, et t'aurais même plus envie de me baiser. « Tu veux rester avec moi ? Pourquoi faire ? » Mes yeux, ils sont tout mouillés et t'es incapable de le remarquer, tu me sers tes belles phrases sur un plateau d'argent, tu me balances à la gueule toute ton incertitude, ta perplexité, ton trouble que tu réserves d'habitude aux grandes occasions. T'as peut-être pas l'habitude qu'une blondasse fanée te tombe dans les bras sans que t'aies à faire le moindre effort, t'as peut-être envie de foutre ta langue dans la bouche d'une rousse, d'une brune, mais pas d'une blonde mal gaulée, un peu bourrée. « Si ça te plaît comme prénom, alors on a qu’à dire que c’est le mien. » « En fait j'en suis pas si sûre. T'as peut-être bien des parents psychopathes qui t'ont appelé Hémon, Aristide ou une connerie dans le genre ! » Alors, je ris en chialant, et un arc-en-ciel est sur le point de poindre sur mon visage.

On pourrait jouer à ce jeu Matty, on pourrait inventer une vie pourrie à ces types qui me reluquent, on pourrait leur coller des événements de merde sur le dos et on pourrait en hurler de rire jusqu'au petit matin, on pourrait aussi, ne pas s'embrasser, rester à se regarder dans les yeux sans rien dire, comme ces petits couples gnangnan, on perdrait la notion du temps mais on s'en ficherait parce qu'on serait ensemble. Sauf que la réalité a une saveur un peu plus âpre, un peu plus âcre, et tu seras sûrement comme une bête assoiffée de sexe au-dessus de moi, et tu remarqueras même pas la moue qui ternira ma face. Tu remarqueras pas parce que tu seras dicté par son seul désir.

« Rien. Y a rien qu’j’aime pas. T’es magnifique, d’accord ? T’es pas bonne, ou sexy, ou chaude, t’es belle. Ca suffit largement. » T'es contente Alix ? Ton appétit vorace de compliments est rassasié, ou il t'en faut encore ? Et je souris péniblement comme une pauvre cruche, comme l'élève devant le professeur qui se fait lamentablement réprimander, j'ai la bouche scellée par de la glu, j'arrive plus à parler devant toi Matty, j'ai dû louper un épisode pour avoir un comportement si insupportablement amorphe. Tu sais, on devrait s'éclater, une dernière fois, avant que je crève, que je finisse les six pieds sous terre, que mon corps meurtri soit bouffé par des vers affamés.. on devrait profiter, j'te dis. « Moi ça m'suffit pas. » que je dis, avec ce regard vif, cette envie d'en avoir plus, j'te sucerai jusqu'à la moelle Matty, il n'y a plus de place pour la pitié dans ce bar miteux, je prends pour ne rien donner en échange, j'me permets d'être égoïste le temps d'une soirée, je m'offre lâchement un moratoire d'une nuit. Alors, quand tu attrapes une mèche folle qui s'est échappée de mon chignon flou, que tu la remets délicatement derrière mon oreille, tous mes sens sont en émoi. J'oublie peut-être de respirer pendant une seconde, je sens ton souffle chaud contre ma nuque et je ferme les yeux pour profiter. Profiter, profiter. « De toute façon, y'a pas de place pour la sincérité dans cette conversation. C'est comme si je t'avais demandé de me dire que j'étais jolie, ils valent rien tes vieux mots, Matty. » Et mon Matty, il semble soudainement vieux dans ce décor incongru, au milieu de tous ces jeunots qui doivent pas avoir vécu le quart du tiers de son expérience. C'est peut-être à mon tour de le prendre dans mes bras.
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Mer 8 Fév - 21:46

Blondie, tu as dans le regard quelque chose d’étrange, d’effrayant, de doux et de violent. Tu me fais peur, en fait, j’ai peur pour toi, pour ce que tu es capable de t’infliger comme souffrance inutile, tout comme cet agréable poison que tu as fait couler dans ta gorge tout au long de cette soirée inhabituelle. Tes yeux reflètent bien trop de sentiments contradictoires, tu sembles avoir déjà vécu ta vie, et je ne comprends pas comment c’est possible. Toi qui es si jeune, pourquoi ne vas-tu pas te bourrer la gueule pour le simple plaisir de te retrouver dans le lit d’un bel inconnu pour te vanter auprès de tes copines de t’être tapé un canon de beauté dont tu ne te rappelles plus le nom ? J’ai de la peine pour toi, tu ne mérites pas ça quoiqu’il te soit arrivé pour te mettre dans un état pareil, j’aimerais lire tant de joie de vivre sur ton sourire que c’en deviendrait douloureux pour moi qui ne suis qu’une épave de plus que l’on a retrouvée sur un champ de bataille abandonné. Mais tu perdrais sans doute de ton attrait, je ne t’aurais probablement pas remarquée sans cette mélancolie qui te colle à la peau et qui te bouffe si délicieusement, parce que oui, c’est un spectacle tellement beau que ta descente aux enfers et je m’en veux de me réjouir d’un tel malheur, mais c’est ce qui te rend si jolie, si particulière. Une beauté incandescente qui ne tardera plus à me brûler si je n’y fais pas attention. Elle n’est qu’une inconnue rencontrée dans un bar, m’attarder sur son visage à elle est une erreur que je commets bien volontiers finalement, même si j’ai l’impression que plonger dans cette relation malsaine ne me vaudra rien de très bon. Mais au point où j’en suis, quelle véritable importance ? Personne ne m’attend plus, et elle ne tiendra pas la soirée si personne ne s’intéresse à son cas désespéré. Je m’étais juré de ne plus m’occuper des causes perdues, et elle en est une, mais la laisser moisir ici me semble maintenant inconcevable. « En fait j'en suis pas si sûre. T'as peut-être bien des parents psychopathes qui t'ont appelé Hémon, Aristide ou une connerie dans le genre ! » Elle m’impressionne de par sa persévérance à rester fière en toute circonstance malgré ses yeux rougis par les larmes, elle n’avouera pas son mal-être, elle préfère rester dans sa bulle et mal m’en prendrait de l’en sortir. « Mes parents étaient pas si méchants. » lui dis-je en souriant bêtement.

Et si on s’inventait une vie à nous ? Peut-être que l’alcool nous fait divaguer, mais on pourrait imaginer qu’on a une existence palpitante, qu’il nous arrive tout un tas d’aventures mais que tout finisse toujours bien pour nous ? Toi, tu serais une étudiante pétillante et drôle, et on se rencontrerait à une conférence que j’aurais donnée dans ta faculté sur un sujet passionnant, on aurait vécu une idylle magique, extraordinaire, exaltante, pleine de rebondissements. La réalité est toute autre, je suis un pauvre mec brisé qui ne se remettra jamais et tu es.. Je ne sais pas ce que tu es. Mais t’es malheureuse, c’est tout ce que je suis encore capable de voir, l’alcool coulant à flot.

Elle passe son temps à sourire pourtant, mais ça me fait mal au cœur, je sais qu’elle préfèrerait hurler jusqu’à en crever tellement elle est mal. Mais j’peux rien faire pour elle, à mon grand regret, j’peux que la regarder se détruire à petit feu, et c’est peut-être simplement ça qu’elle demande d’ailleurs. Je ne sais pas. Je ne sais plus rien de toute façon, j’suis qu’un p’tit vieux hors du coup qui tient plus la route, mais c’est sur moi qu’elle est tombée ce soir. « Moi ça m'suffit pas. » Le contraire m’aurait étonné, la simplicité, tu connais pas toi, tu préfères compliquer les choses, tu veux pas me laisser te faire plaisir, tu veux même pas me laisser te dire la vérité telle que je la vois, c’est dommage. Tu mérites de l’entendre. « De toute façon, y'a pas de place pour la sincérité dans cette conversation. C'est comme si je t'avais demandé de me dire que j'étais jolie, ils valent rien tes vieux mots, Matty. » Sa phrase me décoche un sourire, elle joue si bien la martyr, le bonheur ne lui irait vraiment pas au teint. Allez quoi Matty, fais un effort, tu pourrais lui dire de jolies choses. « T’as raison, ça vaut rien. Mais rien de c’que j’pourrai te dire ce soir ne te fera te sentir mieux. Ni ça, ni l’alcool. » Je joue au vieux con moralisateur parce que c’est ce que je sais faire de mieux, mais ça n’arrangera rien, jamais. Et plus je la regarde, plus je comprends que je ne peux pas la laisser comme ça, cette détresse que je lis sur son visage m’angoisse, et j’appréhende déjà le moment où je devrai la quitter, rien ne m’assurera jamais de la revoir. C’est peut-être cette crainte infondée qui me pousse à poser ma main sur sa joue, comme un amoureux transis, un de ces gars pathétiques qui me donnent la nausée mais qui au fond n’ont rien à se reprocher. Je viens embrasser sa joue doucement, naturellement, sans gêne. Ca me paraît normal, à vrai dire, une évidence que je cherchais ce soir. « Ca te rendra pas plus heureuse non plus, j’en avais juste envie. »
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Ven 10 Fév - 20:24

« Je t'a(b)ime et j'y prends plaisir. »

J'ai cette envie brûlante, déchirante, de passer ma main gelée dans tes cheveux, de me blottir contre ton torse que j'imagine fort, à l'image de tes paroles, tu sais, j'ai jamais obtenu le rôle de la princesse au théâtre, à l'école, parce que j'étais incapable d'extérioriser mes sentiments, je ne savais pas transmettre cette chaleur qui caractérise tous ces comédiens, j'étais pâle et blanche quand j'lisais mon texte, j'étais cette petite statue qui attendait d'être sauvée par le gong, alors forcément, quand Roméo est dégoûtée par sa Juliette, la pièce est ratée. Jouer l'arbre m'allait si bien. Alors, j'ai envie d'être cette fameuse Capulet le temps d'une soirée, j'ai envie de jouer les amantes effarouchées, les amantes condamnées, qui se nourrit essentiellement de l'amour de son Jules, j'ai envie d'être l'amoureuse de quelqu'un, ne serait-ce qu'une nuit, le temps d'oublier que l'être aimé doit se vider les couilles dans la première pétasse de passage.

J'me la joue délurée, aguichante, juste pour que tu me souries, que t'aies envie, à ton tour, de me prendre dans tes bras pour ne plus jamais me lâcher, on pourrait faire face au monde à deux tu sais, on ne serait que plus forts pour affronter les aléas de cette vie de merde. T'es même pas vieux en fait Matty, tu donnes juste l'impression d'avoir trop vécu, d'être usé comme un doudou qu'on aurait trop aimé, finalement on se ressemble douloureusement, on est deux vieilles âmes laissées sur le rivage de leurs possibilités, qui dérivent au large et qui se rencontrent, qui se confrontent miraculeusement. J'aime à penser que t'es mon petit miracle.

« Mes parents étaient pas si méchants. » Il prononce ces mots avec une sincérité déconcertante, et c'est une douleur fulgurante qui s'empare de ma poitrine, c'est un mal aigu qui s'insinue en moi comme un poison, c'est un élancement qui coupe brièvement ma respiration déjà haletante, moi j'ai banni ce mot de mon dictionnaire, j'suis plus autorisée à parler de mes parents au présent, ma vie, c'est une mauvaise série B. Mais c'est dans son regard terne que je les place tous mes espoirs, on va réapprendre à vivre ensemble Matty, on ferme les yeux sur toutes ces conneries qui nous bouffent, qui nous rongent, nous minent l'esprit, on oublie un instant ces futilités pour se concentrer sur nous, sur toutes ces belles choses qu'on pourrait accomplir, ensemble. On fait voler les limites, Matty. « T’as raison, ça vaut rien. Mais rien de c’que j’pourrai te dire ce soir ne te fera te sentir mieux. Ni ça, ni l’alcool. » « Quoi encore ? Je donne pas l'image d'une meuf saine ? C'est ça que t'es en train d'essayer d'me faire comprendre ? » que je lui dis hargneusement, je crache mes mots sur le comptoir du bar et les regards des types relous derrière nous glissent sur moi comme une eau empoisonnée, ils pourrissent mes plans, à avoir jeté leur dévolu sur mes hanches.

« J'profite de ma jeunesse, moi. J'ai juste pas envie de finir comme une pauvre conne à trente balais à écumer les bars comme une merde. J'ai pas envie de devenir une épave comme toi. » Tu crois que si je te balance toute ma souffrance rance à la gueule, mon âme mal en point cicatrisera, que mon cœur rendra les armes, qu'il acceptera d'être dicté uniquement et simplement par mon esprit en ébullition et pas par mes hormones, mes sentiments bouillonnants ? Je suis prête à faire des concessions, à te faire souffrir Matty au profit de mon propre bonheur, j'suis dégueulasse comme fille, tu devrais pas rester là à me regarder me balancer comme une gamine sur mon tabouret, tu devrais déguerpir, me fuir comme la peste, abandonner ton verre déjà vide, renoncer à tenir une pseudo-conversation avec la blondasse bourrée que je suis.

J'suis en train de vomir ma douce repartie que je voudrais acide mais qui est si, si fade comparée à tes belles phrases, j'suis en train d'essayer de t'impressionner, de te bercer d'une vilaine illusion mais je fais pas le poids, j'suis qu'une gosse comme tu me l'as fait comprendre. Alors, quand tu effleures ma joue, j'te jure, j'en peux plus, je vais exploser, la tension est trop forte pour mon petit cœur, tu portes ce regard tendre sur mon visage, tu me rends importante et cette sensation oubliée réchauffe l'intégralité de mon corps. J'suis bien là, avec toi, Matty. Et puis, arrivent tes lèvres que j'ai tant attendues, mais elles baisent ma joue et pas mes lèvres contrairement à mon fol espoir, j'ai envie de tendresse, j'ai envie d'être adorable avec toi ce soir, et je veux pourtant couper net à notre pseudo-bonheur, je voudrais être la seule à en profiter. « Ca te rendra pas plus heureuse non plus, j’en avais juste envie. » Je ferme les yeux, ne réponds rien, savoure cet instant intemporel, qui a cette saveur de plaisir dérobé.

« J'hésite encore entre te prendre dans mes bras comme une petite sœur, ou fourrer ma langue dans ta bouche comme une grosse nymphomane. » que je dis, assez piteusement, et j'suis bien conscience que mes propos jurent avec mon expression. J'essuie les derniers vestiges de mes larmes honteuses, et je le regarde franchement. T'as pas le droit de me repousser Matty, t'es obligé d'avoir envie de moi, t'as pas le choix.
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Ven 10 Fév - 22:20

Tu n’es qu’une enfant, une gosse abandonnée par la vie, laissée sur le bas-côté de la route sans que je ne puisse expliquer pourquoi. T’aurais pu devenir aller dans une faculté prestigieuse, réussir tes examens avec brio, rencontrer un homme de ton âge, adorable, gentil, drôle, romantique, vous auriez vécu ensemble pendant quatre ans avant qu’il ne se décide à faire sa demande d’une façon surprenante, sur fond de votre chanson préférée, vous auriez eu un mariage grandiose et s’en seraient suivis deux beaux enfants, des jumeaux. Tu serais devenue une journalise brillante, lui un acteur à succès ou un médecin très demandé. Vos enfants auraient été heureux, et toi aussi, t’aurais été tellement heureuse. Mais honnêtement, je n’arrive pas à t’imaginer dans une jolie vie bien rangée, où les seuls évènements qui rythmeraient ton existence seraient de somptueux anniversaires, des naissances inattendues. Ça ne te va tellement pas, et je ne peux pas m’empêcher de croire que tu ne te satisferais pas d’une histoire aussi plate et fade, inintéressante, tu vaux bien mieux que ces pimbêches qui réussissent tout mieux que tout le monde, tu es quelqu’un. T’as besoin de souffrir, tu t’ennuierais sinon. Et tu m’ennuierais sûrement aussi. J’suis pas vraiment du genre Dom Juan, j’ai pas connu des dizaines et des dizaines de femmes, mais je sais malgré tout que si tu me plais tant et si je ne t’ai pas laissée pourrir à ce comptoir, c’est bien parce que ta tristesse chronique te donne un charme auquel je ne sais pas résister.

C’est bien dommage, d’ailleurs, parce que cette jolie inconnue n’était pas vraiment au programme de ma soirée, et je me déteste de me sentir obligé de l’y inclure sous prétexte que son sourire me file un frisson jamais éprouvé auparavant, tout simplement parce que cette gamine est unique et que jamais il ne me sera donné d’en rencontrer une comme elle durant le restant de mes jours. Et puis merde, j’ai trente-trois piges et je suis là à traîner les bars pour aller draguer des filles un peu trop jeunes pour moi, alcoolisées, pendues à mes lèvres comme si la moindre de mes paroles allaient les sauver d’un quelconque malheur. Je ne sauve plus personne depuis longtemps, je ne suis pas le héros de ces dames, je suis une âme brisée par le remord et la rage, qui noie son chagrin dans un verre d’alcool un peu fort. Je ne comprendrai jamais l’intérêt qu’elles peuvent éprouver pour ma pauvre petite personne complètement pathétique, la caricature du mec qui se tirera une balle dès qu’il aura une arme à portée de main. Elle ne se rend pas encore compte que je ne vaux rien et que c’est pas à moi de lui faire la leçon, elle, elle a encore le temps de refaire sa vie et c’est pas en restant à bavarder gentiment avec moi qu’elle y parviendra. « Quoi encore ? Je donne pas l'image d'une meuf saine ? C'est ça que t'es en train d'essayer d'me faire comprendre ? » Elle fait sa vexée en plus de ça, comme si un mot de ma part avait le pouvoir de la blesser vraiment, quel dramatisme. Et si on arrêtait un peu de se prendre pour les acteurs d’une série pour ado et qu’on retournait dans le vrai monde, celui qu’on ne veut pas affronter et qu’on a préféré laisser de côté un moment ? « Pour être honnête, t’es pas vraiment le stéréotype de la fille équilibrée bien sous tous rapports. Mais c’est peut-être ce qui fait ton charme. Ça ou le fait que tu sentes l’alcool à trois kilomètres. » Pourrais-je vraiment le lui reprocher ? Ce doit être mon cas aussi, sans que je ne m’en rende compte j’ai vidé un énième verre et je n’ose pas franchement me lever de mon tabouret de peur de perdre cette contenance qu’elle semble m’accorder, même si la réalité est toute autre, je n’ai pas plus de charisme qu’une huître fermée et j’ai probablement bien trop d’alcool dans le sang pour prendre le volant. « J'profite de ma jeunesse, moi. J'ai juste pas envie de finir comme une pauvre conne à trente balais à écumer les bars comme une merde. J'ai pas envie de devenir une épave comme toi. » Sa voix sèche me surprend, je ne m’attendais pas à un tel coup de sa part. Si tu savais comme tu peux avoir raison. Nul besoin de nier, si elle a pu me cerner en si peu de temps, la contredire ne ferait que confirmer ses dires. « Ouais, profite de ta jeunesse. Je suis sûr que dans dix ans tu te rappelleras de cette nuit comme celle où t’as fini dans le pieu d’un de ces gars, encore une fois. Que de beaux souvenirs. J’t’envie vraiment ! » Alors c’est comme ça que se terminera cette soirée ? On va s’envoyer les pires saloperies qui nous viennent et trouver ça drôle jusqu’à ce que l’un de nous ne décide qu’il a nettement mieux à faire ? Ce sera sûrement toi d’ailleurs, ils te reluquent d’une façon définitivement trop glauque à mon goût mais qui sait, c’est peut-être ce que tu cherches.

Elle est si belle la Blondie, un chef d’œuvre inachevé, une symphonie que l’on a oublié de terminer, une photographie floutée. J’aime ça, tellement. Et sa peau est douce, de ce que je peux en goûter. Probablement pas assez, mais ça suffira pour le moment. Je ne suis pas ces gars, je ne veux pas la sauter et la laisser partir, surtout parce que la sauter reviendrait à la laisser partir en fait. Elle a fermé les yeux, je l’ai vu, je prends cette réaction comme un encouragement à continuer mais je laisse planer ce délicieux instant. « J'hésite encore entre te prendre dans mes bras comme une petite sœur, ou fourrer ma langue dans ta bouche comme une grosse nymphomane. » Je pars dans un long rire, cette phrase dénote tellement avec sa personnalité que je devine fragile et sans défense. « Je ne t’imagine vraiment pas nymphomane. Comme quoi, les apparences sont trompeuses. » Je ne sais plus quoi faire. Elle m’a donné deux options, chacune d’elle m’attire incroyablement mais ni le frère ni l’amant ne m’intéresse réellement. L’ambiance devient douloureuse, tendue, et la température semble monter de minutes en minutes mais je pense me faire des idées. Elle en arrive à me mettre mal à l’aise, la fourbe. « Je.. J’devrais peut-être reprendre un verre. » J’en commande un au barman qui me l’amène, surpris que je ne sois pas encore tombé par terre. « Si vraiment tu veux t’envoyer en l’air, y a des gars qui paieraient pour ça. Autant que tu te fasses un peu de fric. Sinon, j’peux simplement te ramener chez toi. J’coucherai pas avec toi. Pas comme ça. »
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Lun 13 Fév - 12:22

Matty, si je te propose d'aller danser la polka, de nous déguiser en Dracula avec des canines d'où suinte un vieux liquide poisseux censé ressembler à du sang, de chatouiller tes côtes pour qu'on puisse rire -ensemble- jusqu'à l'infini, d'enlacer nos doigts tremblants, d'effleurer ta joue de mon ongle rongé, si je te propose qu'on partage un dernier truc ensemble, tu accepteras ? Mon Matty il est adorable avec ses yeux tantôt rieurs, tantôt vitreux, il est bipolaire malgré l'obstination qu'il s'évertue à donner à grandes brassées. Moi à tes côtés, j'suis invisible, alors je fais des pieds et des mains pour qu'on me remarque, pour qu'on daigne accorder une minime attention à la blondasse qui tortille du cul à côté du grand manitou, j'ai juste envie qu'on m'aime un peu.

« Pour être honnête, t’es pas vraiment le stéréotype de la fille équilibrée bien sous tous rapports. Mais c’est peut-être ce qui fait ton charme. Ça ou le fait que tu sentes l’alcool à trois kilomètres. » J'entame une danse macabre en me balançant de droite à gauche sur mon tabouret, comme pour lui donner raison alors que j'ai envie de lui gueuler qu'il a tort, qu'il porte un sale jugement sur moi, que j'suis parfaitement équilibrée comme nana, que l'alcool ne me monte pas à la tête. J'hésite encore entre me foutre ouvertement de sa gueule ou me blottir dans ses bras pour pleurer ton mon soûl, Matty il me repoussera quand il sentira mon haleine encombrée par ces relents de tord-boyaux, et ce sont mes boyaux qui me crient d'arrêter de martyriser mon corps frêle, de cesser cette mutilation inutile. J'suis encore assez conne pour penser que me faire du mal anéantira ces maux d'une tout autre envergure, qui brisent, pervertissent mon âme. J'suis vraiment trop conne.

On est là comme deux abrutis à parler, à énoncer des faits qui puent la justesse à trois mille, à évoquer des trucs qu'on ignore tout bonnement, alors j'mattends presque à recevoir une leçon de philosophie de sa part, qu'il m'explique en long en large, des notions que j'ai dû aborder y'a quelques années mais qui ont fini dans un tiroir au fond de ma mémoire, sous clé. « Ouais, profite de ta jeunesse. Je suis sûr que dans dix ans tu te rappelleras de cette nuit comme celle où t’as fini dans le pieu d’un de ces gars, encore une fois. Que de beaux souvenirs. J’t’envie vraiment ! » « Tu m'envies vraiment que tu dis ? » Je lève mon doigt, tremblotant, et je le regarde dans les yeux. « Regarde ce corps, cette peau, ces ch'veux, ces ongles bouffés, ces mains trop fines. » que je marmonne en humectant mes lèvres et en lui foutant sous le nez mes différentes parties du corps. Je continue sur ma lancée, en évitant soigneusement de penser parce que la prise de conscience serait acide, je n'y survivrai pas, j'ai pas envie de me retourner pour constater les dégâts que mes mots vont engendrer. « Dans dix ans, je serai plus là pour me souvenir de cette folle nuit, Matty. Dans dix ans, je serai en train d'me faire bouffer par les vers. » Je me détourne un peu, je décale ce corps presque inconnu, qui a déjà trop vécu, vers la droite, parce que j'ai pas envie de lire la pitié dans ses yeux, j'ai même plus envie de recevoir son réconfort merdique, j'veux pas que son regard (un peu) admiratif se mue en un regard compatissant, j'ai envie de rester belle.

« J'ai pas b'soin de compassion Matty, reste chiant comme tu es, ça me va parfaitement. » Je renifle, tente de le dédaigner, renonce piteusement. « Je ne t’imagine vraiment pas nymphomane. Comme quoi, les apparences sont trompeuses. Je.. J’devrais peut-être reprendre un verre. Si vraiment tu veux t’envoyer en l’air, y a des gars qui paieraient pour ça. Autant que tu te fasses un peu de fric. Sinon, j’peux simplement te ramener chez toi. J’coucherai pas avec toi. Pas comme ça. » Alors il parle mon Matty, il parle pour combler les blancs, les vides, qui menacent d'exploser dans notre conversation dénuée de chaleur, mais j'ai envie de les entendre ces silences qui réconforteraient mon âme écorchée, encore pas tout à fait dégrisée.

« Alors c'est tout l'effet que j'te fais ? » que je dis, lassement. « Je suis qu'une pute. Une salope qui devrait se faire payer pour ses talents. Les prostituées ont au moins le mérite d'être belles, désirables, ce que je suis pas. » Je cherche pas à le provoquer, c'est juste une immense lassitude qui prend possession de mon corps, de mon esprit. On pourrait converser jusqu'à pas d'heure Matty, on pourrait s'éclater comme des gros fous, mais je suis juste fatiguée, j'ai cette envie d'être bordée comme une petite fille de quatre ans, avant de me souhaiter bonne nuit, tu baiserais mon front en me promettant que demain, tout ira bien, que tu seras là lors de mon réveil, et que tu me laisseras pas. « Matty, y'a ce truc qui me tue jour après jour et.. ça me fait peur. Tu peux même pas imaginer à quel point ça m'fait peur. » que je murmure, la tête baissée, plus séduisante pour un sou, alors je serre les dents comme une démente parce que j'appréhende un peu trop sa réplique, je renonce à cette monstruosité qui menace sans arrêt de poindre, et j'assume mon humanité.
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Mer 15 Fév - 18:16

T’es en train de sombrer, et c’est inévitable. Tu auras beau te débattre, crier, pleurer, tu ne t’en sortiras pas, c’est écrit sur ton visage mélancolique et froid. Tu sais, comme le Titanic. Un enchaînement de circonstances tragiques qui l’ont mené à sa perte, alors que le voyage s’annonçait idyllique. Tu n’as simplement pas eu de chance, jolie Blondie, comme toutes les âmes errant dans ce bar miteux. Je n’ai pas eu de chance non plus à vrai dire, ma vie n’a pas franchement été une succession d’évènements heureux. Mais loin de moi l’idée de me plaindre, ma situation n’est finalement pas si terrible, ce soir, j’aurais pu être dehors à affronter les tirs et les bombardements, sous la douleur d’une blessure infligée par un soldat à peine plus âgé que moi. Au lieu de ça, je suis assis à un comptoir, avec une charmante demoiselle au regard triste, malheureuse comme le monde alors que son sourire que j’imagine radieux aurait pu lui ouvrir n’importe quelle porte. Mais c’est finalement une soirée plutôt agréable, surprenante certes mais c’est bien là ce qui commençait à manquer à mon quotidien, tu me surprends et j’aime ça, chacune de tes nouvelles attaques me fait chavirer d’une façon à laquelle je ne m’attendais pas, et pourtant tu ne fais rien pour ça, je sais que tes pathétiques tentatives d’approche ne sont pas ce que tu peux faire de mieux. Pourtant cela suffit à éveiller en moi des pensées que je ne soupçonnais pas vraiment.

Je ne connais même pas son prénom à cette pauvre gamine qui voit en moi le prince charmant que je n’ai jamais été et que je ne saurais devenir. Je ne suis pas si curieux, en fait, ça m’est égal. Mais c’est bien le témoignage que je n’accorde plus d’importance à quoique ce soit, ni même à cette inconnue qui pourtant attise un intérêt particulier pour moi, bien que je crève d’envie de percer à jour le mystère de la jeune blonde un peu alcoolisée qui se balance sur son tabouret comme une petite fille en manque de distraction, je ne pense pas que cela suffise à m’empêcher de trouver le sommeil. J’aurais beaucoup aimé, cela dit. Peut-être que ça m’aurait aidé à ressentir quelque chose, même n’importe quoi, l’impression que mon existence n’est pas vouée à se terminer dans la lassitude extrême. « Tu m'envies vraiment que tu dis ? Regarde ce corps, cette peau, ces ch'veux, ces ongles bouffés, ces mains trop fines. » Alors je la détaille, comme elle me l’ordonne. Je la regarde, elle est belle, mais elle a raison. Sa peau diaphane ne semble pas naturelle, elle est bouffée par la fatigue et la crainte de quelque chose que je ne comprends pas encore. Qu’as-tu ma jolie ? Que t’arrive-t-il ? De quoi te plains-tu exactement ? « Dans dix ans, je serai plus là pour me souvenir de cette folle nuit, Matty. Dans dix ans, je serai en train d'me faire bouffer par les vers. » J’ai du mal à entendre ces mots comme elle me les dit. Mais ils finissent par se frayer un chemin et je réalise soudain ce qu’elle m’avoue, et comme en parler lui fait mal. Alors c’est ça.. Tu vas mourir, t’es atteinte de je ne sais quelle saloperie qui te ronge de l’intérieur et qui te donne cette beauté si spéciale. « C’est dommage. » dis-je en me détournant d’elle. C’est dommage ouais, mais je suis quand même épaté ; c’est qu’elle est forte la belle, elle s’accroche malgré tout et je trouve ça admirable, parce que les gens que je connais ne sont pas capables d’un tel courage, à vrai dire, elle me rappelle l’une de mes camarades et c’est plutôt étrange.

« J'ai pas b'soin de compassion Matty, reste chiant comme tu es, ça me va parfaitement. » « J’compatis pas. J’trouve que ça t’rend encore un peu plus intéressante. » Elle me fait rire à essayer de conserver sa dignité au plus haut en me snobant piteusement, ses tentatives sont vaines cependant et je vois qu’elle ne peut pas s’empêcher de reposer son regard sur moi. Je ne suis pas si beau pourtant. « Alors c'est tout l'effet que j'te fais ? Je suis qu'une pute. Une salope qui devrait se faire payer pour ses talents. Les prostituées ont au moins le mérite d'être belles, désirables, ce que je suis pas. » Ce n’est même plus utile de répondre, en fait, elle est dans un état tellement lamentable qu’elle préfère sans doute parler toute seule, alors j’acquiesce comme si j’étais d’accord et la laisse continuer son monologue. Elle a besoin de parler et de dégueuler toutes ces conneries à un inconnu croisé au détour d’un verre, et mal m’en prendrait de l’interrompre. « Matty, y'a ce truc qui me tue jour après jour et.. ça me fait peur. Tu peux même pas imaginer à quel point ça m'fait peur. » Alors une chose étonnante se produit. La traînée qui se tenait à côté de moi il y a à peine quelques secondes laisse place à la petite fille, l’enfant effrayée qui se terrait au fond quelque part, je n’en doutais pas. La lueur dans ses yeux a changé, il n’y a plus rien de sauvage, elle se laisse apprivoiser, comme si enfin elle se trouvait soulagée d’être approchée et effleurée du bout des doigts. Je ne sais pas si c’est ce murmure ou ces larmes que je vois poindre au coin qui déclenchent ce besoin irrépressible. « Allez, viens là. » et je chope sa main sans attendre de réponse, parce que de toute façon c’est ce qu’elle veut aussi, et elle vient sans que je ne fasse d’effort, son petit corps frêle est une poupée dont la volonté se modèle trop facilement, c’en est presque triste d’ailleurs. Je l’entoure de mes bras comme je peux, dans un équilibre incertain parce que ces deux tabourets ne sont pas si confortables. « Finalement, t’es pas si terrible. Tu manques juste de chance. Et de sobriété aussi. »
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Sam 18 Fév - 21:49

« Je suis une artiste, et mon œuvre, c'est moi. » PILLE.

Le bonheur, il est là, juste à portée de main, je tends la main et je peux doucement le toucher, le caresser, juste l'effleurer de peur de briser ce nirvana éphémère, alors j'ai envie de frôler sa peau, de baiser ses mains trop grandes par rapport aux miennes, de m'accaparer ses lèvres, je divague, je pars à la dérive et je cherche ma bouée de sauvetage, mon ange gardien qui est susceptible de me ramener à bon port, mais il évite mon regard, il détourne les yeux d'une manière éhontée, me laisse patauger dans ma merde seule. Et c'est une fatigue sourde qui vient envahir mes pensées, mon être, j'ai juste envie de me reposer, de m'abandonner dans ses bras, de m'évader dans un long, long sommeil dépourvu de rêves, parce qu'inlassablement, je tourne, tourne comme une folle et reviens toujours à l'origine. Earl, il a cette perfection insupportable que je ne résous pas à oublier, si je laisse cette sensation de manque s'envoler, si je tolère cette plénitude feinte s'installer, je renonce à nous, à nos esprits étriqués, si compliqués.

« C'est dommage. »Et c'est Matty, pourtant, qui me fait face, qui rit à mes blagues pas drôles, qui me casse comme la vieille merde que je suis, qui me fait passer pour une abrutie, qui me rabaisse, me traite de pute, mais je sourcille pas, j'accepte sans broncher parce que j'fais mine d'être forte. Il y a cette fatigue machinale qui revient continuellement corrompre le fil conducteur de ma piètre existence, alors j'ai abdiqué, j'ai courbé l'échine devant tant de souffrances, j'ai pas pu retenir la pression, et j'lui ai tout déballé à Matty. Je vais pas tarder à crever, tu sais.

« J’compatis pas. J’trouve que ça t’rend encore un peu plus intéressante. » Qu'il dit, et j'ai presque envie de lui offrir un sourire tout mouillé, dénaturé par mes yeux encore humides. On leur offre un spectacle bien pathétique aux quelques gars du fond de la salle, on devrait faire un effort pour réjouir leurs mirettes, on devrait leur donner matière à jacasser, cancaner comme des gamines de douze ans devant le poster du dernier ado en vogue, mais tu continues de parler, tu remarques pas que je suis fatiguée, que j'ai juste envie de retrouver mon lit, avec ou sans toi, de toute façon t'es juste intéressée par ma blondeur indécente, mes prunelles dramatiques et ma voix rauque. Tu pourrais me scanner pour apercevoir mes tripes, voir ce que j'vaux vraiment, tu pourrais me disséquer comme on le fait à l'école, pour voir les boyaux d'une pauvre souris, tu crois que tu verrais quoi ? T'as plus de chance de trouver un petit tas de cendre qu'un feu ardent en moi, Matty, fallait passer plus tôt pour déceler cette flamme incandescente qui n'est aujourd'hui, qu'un lointain souvenir.

« Allez, viens là. Finalement, t’es pas si terrible. Tu manques juste de chance. Et de sobriété aussi. » Alors il me prend dans ses bras et j'ai tellement attendu, espéré, imaginé cet instant, que j'en chialerais, et ce seraient des larmes de bonheur qui strieraient mes joues, mais j'ai juste pas envie de pourrir sa chemise, je renonce juste à mon âme de petite fille qui perdure plus longtemps que la normale, j'ai juste pas envie de passer -encore- pour une abrutie aliénée, à ses yeux. « J'aime bien ton odeur. » que je murmure la joue tout contre son épaule, et mon articulation est pitoyable alors mes mots sont tout chamallow, tout raplaplas. On est ces deux âmes égarées qui ne devaient pas se rencontrer, parce qu'ensemble, elles n'auraient jamais fait d'étincelles, leur addition aurait été lasse, chiante, emmerdante même, et personne ne se serait jamais intéressé à cette union, on est ces deux personnes paumées qui veulent trouver en l'autre un réconfort absent, parce que déçues par cette finalité qui a un goût merdique, alors je veux me convaincre que cette soirée restera dans les annales, qu'on écrira un jour sur l'histoire d'Alix et Matty, ce type un peu mystérieux, sombre qui l'avait fascinée dès le premier regard, on créera un film sur nous, qui deviendra une perle du septième art et on fera chialer les mamies, on attendrira les insensibles qui prétendent ne pas croire ces sornettes, on peut essayer d'être heureux, réunis, le temps d'une soirée.

Alors, j'ai pas envie de lui laisser l'image d'une gamine démunie, je mets fin à cette douce étreinte, je m'arrache à sa chaleur corporelle, presque trop enivrante pour être réelle, et je me recoiffe rapidement pour faire bonne figure, j'éloigne quelques mèches blondes de mes yeux pour ne pas louper une miette des expressions que prend son visage. Je retrouve mon instabilité, seule, sur mon tabouret branlant qui semble bien décidé à vouloir participer à ma lamentable chute devant Matty, mais j'abandonnerai pas, je renoncerai pas, je m'en suis fait le serment. « Alors bon, tu me sautes maintenant ou tu veux encore quelques larmes ? » Et je sens poindre un sourire cynique sur ma face de détraquée, j'ai pas pu le retenir, j'ai juste pas envie de recevoir à grandes brassées sa pitié que je mérite pas. Bipolarité, quand tu nous tiens.
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MessageSujet: Re: WE NEED TO GET ALL THREE OF THAT CRAP ; nolan.   Dim 19 Fév - 22:23

Alors elle va mourir ma jolie blondie, bien sûr, on part tous un jour mais je sais qu’elle partira trop tôt. Ça se lit dans ses yeux que dans pas longtemps, elle sera six pieds sous terre, dans un cercueil trop luxueux pour elle qui pourra enfin se reposer correctement. Elle le mérite, et je suis sûr que la mort lui irait à merveille. Le teint blafard, les mains croisées sur sa poitrine, dans une jolie robe rouge, je l’imagine ainsi. Et je me trouve bien glauque d’entretenir de tels fantasmes mais il m’est impossible de rester sain d’esprit au contact de cette douce folie accrochée à mon bras. Elle éveille en moi des choses que j’aurais aimé enfouir comme il faut, et c’était plutôt réussi jusqu’à maintenant d’ailleurs. Le Matty que je suis me répugne ce soir, demain je resterai probablement couché, ça vaudra mieux pour tout le monde. Mais cette gamine-là, elle a quelque chose, un truc qui m’empêche de m’en retourner chez moi sans demander mon reste, elle a un truc qui fait que je ne partirai pas sans elle, pas sans savoir qu’elle est quelque part où l’on prendra soin d’elle parce qu’elle en a besoin. Au moins pour une nuit, juste ça, c’est de toute façon le mieux que je puisse lui offrir pour l’instant. Un grand-frère un peu chiant, un père trop sévère, un copain jaloux, je ne sais pas vraiment quel rôle endosser, je me contenterai donc de l’inconnu rencontré au bar, trop intéressé par ce petit bout de mélancolie pour poser les yeux sur d’autres demoiselles qui pourtant tentent d’attirer mon attention.

Je l’ai prise dans mes bras, comme si ça changeait quelque chose au mal qui la ronge à petit feu et qui lui donne cet attrait particulier. Mais elle s’est laissée faire et c’est bien ce qui me pousse à resserrer mon étreinte, la tête dans ses cheveux dorés, les mains sur son dos et son bras trop fin pour une personne en bonne santé. Allez, laisse toi bercer de belles illusions, au moins ce soir, juste une fois, nous deux et rien d’autre, pas de maladie, pas de guerre, pas de mort, juste de l’alcool et des clopes. Mais non, ça ne lui plaît pas à la petite, elle s’agite, bouge dans tous les sens et remonte péniblement sur son tabouret. « Alors bon, tu me sautes maintenant ou tu veux encore quelques larmes ? » Elle se croit forte, intelligente. Tu penses que t’as gagné alors ? T’as l’impression d’être encore plus intéressante maintenant que tu te fais passer pour la putain de service ? Si c’était le cas, tes yeux seraient pas plein de larmes et tes jambes trembleraient pas autant. Las, je sors un paquet de cigarettes de ma poche et en porte une à mes lèvres que j’allume avec le briquet qui m’a accompagné au front. Je laisse la nicotine faire planer mon esprit au-delà des frontières, et ça m’endort doucement, tandis que l’alcool me tient en éveil. Ce délicieux paradoxe me rend dingue et j’aime ça, parce que j’entre dans le monde de cette jeune femme que je ne pouvais comprendre autrement. La drogue coule dans mes veines comme la maladie coule dans les siennes et je profite pleinement de cette soirée, de ces nombreuses sensations qui m’assaillent tandis qu’elle me toise de son regard mauvais. Elle ne comprend rien, mais c’est ce qui fait son charme bien qu’elle ne s’en rende pas compte. « J’t’ai déjà dit que ça t’allait pas ce rôle-là. T’es pas nympho’, t’es pas une catin, t’es pas une salope, arrête tout ça. » Je veille à ne pas recracher la fumée face à elle, ne sachant pas de quel genre de mal elle est atteinte, j’aime autant ne rien aggraver. Ma jolie, ne fais pas n’importe quoi, s’il te plaît, arrête de m’aguicher comme ça. Je ne craquerai pas, par respect pour toi et par respect pour ce en quoi j’ai cru un jour, mais jouer avec le feu a toujours été dangereux et tu finiras par te brûler, avec moi ou un autre, ce jour-là, tu le regretteras amèrement. Mais je préfèrerai que tu te brûles avec moi, au moins, je serais sûr que tu seras traitée comme tu le mérites.

« J’te connais pas. Et j’te connaîtrais sûrement jamais. Surtout si tu dois claquer dans les années à venir. Mais t’as droit à un minimum de respect, et c’est pas comme ça qu’tu l’gagneras. Sérieusement, rentre chez toi. Va te coucher, repose-toi, décuve un peu. Et arrête d’aguicher l’premier inconnu qu’tu croises. J’pourrai t’embrasser et te ramener chez moi, te sauter, mais ça m’apporterait rien. C’est pas l’envie qui manque. J’suis juste… Plus raisonnable que toi. » Je tire une latte, me laisse emporter quelques instants avant de revenir à la réalité, dure réalité dans laquelle j’affronte une adversaire bien plus forte que moi-même si son corps frêle n’en donne pas franchement l’impression. Ah j’ai bien peur de ne pas gagner ce combat mais j’essaierai coûte que coûte, je ne lui donnerai pas satisfaction, elle partirait avant même que je n’ai eu le temps de la comprendre et je m’en voudrai toujours de n’avoir pas été à la hauteur de cette tigresse égarée dans un monde trop grand pour elle.
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